05/11/2017

New-York sur Seine à la Fondation Louis Vuitton

New-York au Bois de Boulogne

Le vaisseau culturel du Bois de Boulogne accueille une sélection de 200 oeuvres du célèbre Museum of Modern art (MOMa) de New-York.

Si vous n’allez pas à New-York, New York vient à vous. Et c’est dans le bois de Boulogne que la grosse Pomme a choisi de s’ancrer jusqu’au printemps 2018, plus précisément entre les parois vitrées de la Fondation Vuitton. Après les ors russes de la fondation Chtchoukine, la maison de Bernard Arnault accroche à ses cimaises 200 œuvres qui retracent l’histoire du MoMA de New York. ». Les relations sont fidèles et anciennes entre les deux institutions. En 2007, LVMH avait soutenu la grande expo Richard Serra à New-York.

Un vibrant hommage à l’institution américaine

En 2015, pour l’ouverture de la Fondation Vuitton, le MoMA avait prêté plusieurs Kandinsky pour l’exposition les Clés d’une passion. L’exposition baptisée « Etre moderne: le MoMa à Paris », rend ainsi un vibrant hommage à la célèbre institution américaine. Lors de son inauguration en 1929, le Museum of Modern Art était en effet la première au monde à faire le pari de se consacrer exclusivement aux arts de l’époque. Ses fondatrices, les riches mécènes Abby Rockefeller, Lillie Bliss et Mary Quinn Sullivan, avaient vu juste. Dès 1935, le musée new-yorkais achète des films, investit en 1940 dans un département de photographie, s’intéresse au design industriel.

Un voyage à remonter le temps

Le voyage à remonter le temps commence en rez de bassin avec les oeuvres acquises par le musée dans les années 30. L’influence française du Baigneur de Paul Cézanne y côtoie les couleurs d’Edward Hopper dans House by the Railroad et les balbutiements d’un personnage appelé à une grande destinée : Mickey Mouse dans Steamboat Willie, le court-métrage de Walt Disney qui marque le début de sa popularité. Vient ensuite la toile d’inspiration shamanique The She-Wolf de Jackson Pollock, acquise dès 1943, quelques archives de danse, de photos, jusqu’aux oeuvres numériques toutes récentes. Les chefs d’oeuvre incontournables, commeLes Demoiselles d’Avignon de Picasso, sont demeurés outre-Atlantique, mais des surprises s’égrènent à travers les salles, comme Oiseau dans l’espace de Constantin Brancusi (1923), Matisse, Klimt, symbole des liens avec l’Europe Centrale, et tout au bout du chemin cette œuvre sonore de Janet Cardiff, Forty-Part Motet pensée en résonance avec l’architecture du musée signée Frank Gehry. En proposant ce cheminement à travers ces 200 œuvres, le MoMA confirme son rôle de pionnier du musée d’art moderne. Et le seul dont les collections sont aujourd’hui de force à pouvoir aujourd’hui rivaliser avec lui, c’est sans nul doute le centre Beaubourg, un autre modèle de pluridisciplinarité.

Où : Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma-Gandhi, Paris XVIe, Être moderne : le MoMA à Paris, jusqu’au 5 mars 2018.

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