12/07/2018

Le Lutetia, fleuron de l’Art déco, ouvre à nouveau ses portes

Le Lutetia retrouve son lustre d’antan

Le Lutetia, toute une histoire… Rénover ce haut-lieu des arts décoratifs du début du XXe siècle, au cœur de Saint-Germain-des-Prés (6e), malheureusement vétuste et plus aux normes, tout en respectant son héritage, était un vrai challenge ! Pari réussi pour l’architecte de renom Jean-Michel Wilmotte, en charge de ce défi. Le célèbre hôtel, figure de la vie parisienne, ouvre à nouveau ses portes le 12 juillet après 4 années de fermeture et un travail de rénovation tout en finesse et justesse. Priorité a été donnée à l’utilisation du bois et tout particulièrement de l’eucalyptus, notamment dans les espaces de circulation. « Le challenge que nous avions ici était de redonner vie à un lieu tout en respectant ses racines, son identité, sa personnalité », précise Jean-Michel Wilmotte. 

L’Art Nouveau : la clé de voûte du Lutetia

Cet hôtel de luxe de la Rive gauche, édifié face au Bon Marché, entre dans la légende le 28 décembre 1910. Ce soir-là, Paris a froid et, pourtant, c’est un grand jour ! A l’angle du boulevard Raspail et de la rue de Sèvres, l’hôtel qui accueillera bientôt le Tout-Paris, fête son ouverture. Longtemps, le Lutetia sera le rendez-vous incontournable des personnalités de la littérature, de l’art, de la couture, de la politique, du cinéma… André Gide y déjeunait tous les jours. Albert Cohen, le célèbre auteur de « Belle du Seigneur », un monument de la littérature du XXe siècle, s’y est installait pour écrire son chef-d’œuvre.

Un haut lieu de la vie parisienne

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel est réquisitionné mais, à la Libération, il accueille les déportés de retour des camps de concentration… Au début des années 1950, avec l’essor de l’existentialisme, les célébrités s’y croisent : Juliette Gréco, Boris Vian, Jean Cocteau, Paul Morand, Albert Camus et bien sûr Jean-Paul Sartre ! Certaines y élisent même domicile. De Joséphine Baker à, bien plus tard, Serge Gainsbourg, Isabelle Huppert, David Lynch, Catherine Deneuve ou encore Gérard Depardieu, personne ne boude le plaisir de profiter du Lutetia !

Un travail sur la mémoire, l’histoire et l’émotion

Jean-Michel Wilmotte a repensé complètement les espaces du rez-de-chaussée, de façon à permettre une nouvelle circulation. Le nombre des chambres a été réduit de 233 à 184, afin de créer 47 magnifiques suites, et de doter ces nouvelles chambres et suites de salles de bains en marbre. Elles sont aujourd’hui encore plus spacieuses : 28 m² pour la chambre supérieure et 170 m² pour la suite Carré Rive gauche.

Au sein de l’hôtel, un accent tout particulier a été mis sur la lumière, notamment avec la création d’un patio qui illumine le bâtiment et fait lien entre les divers espaces du rez-de-chaussée : le salon Saint-Germain, la bibliothèque et le bar Joséphine. Un jardin intérieur a également  vu le jour.

La fine fleur des métiers d’art a participé à la rénovation de l’hôtel : vitraux, peintures décoratives, fresques, mosaïques, sculptures…, tout a été magistralement restauré. Près de 17 000 heures de travail ont été nécessaires à la remise en état de la fresque emblématique du bar Joséphine, cachée sous de vieilles couches de peinture.

 

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